Les mines de Potosi

Après Uyuni, la partie cool du groupe est restée ensemble pour des semaines à venir, et sur notre chemin vers La Paz nous nous sommes arrêtés à Potosi (après un trajet de bus bien horrible avec de la musique de flute de pan à plein régime – quand tu connais une musique de flûte de pan, tu connais toutes les musiques de flûte de pan!).  Au Moyen-Âge, Potosi était l’une des plus grandes villes du monde à cause de ses fabuleuses ressources d’argent dans la montagne de Cerro Rico. La mine a épuisé, il y a longtemps, ses reserves d’argent mais on continue à creuser et à dynamiter la roche dans des conditions de travail médiévales dans l’espoir désespéré de quelque chose.

Nous avons pu visiter la mine avec un tour guidé – une expérience assez bouleversante

équipés de lampes frontales nous découvrons les tunnels toujours plus étroits, en marchant dans l’eau jusqu’aux mollets

Les mineurs recueillent la roche qu’ils espèrent contenir du zinc et d’autres insignifiants minéraux et la chargent dans des chariots en fer, le tout pesant quelques tonnes. Ensuite, ils se mettent à plusieurs pour faire accélerer le monstre dans les indéchiffrables kilomètres de couloirs d’enfer – si on m’y laissait toute seule je me perdrais dans le noir – impossible de s’orienter selon les repères habituels. Des bruits surgissent de temps en temps de l’obscurité – des cris, suivis de lumières, et un chariot dévale à une vitesse folle le corridor ou nous sommes, nous obligeant à nous presser dans la flaque contre le mur. Plusieurs touristes sont morts pour ne pas s’être écartés à temps!

Nous nous engouffrons à quatre pattes dans un des passages

Dans un des couloirs, nous trouvons la divinité qui protège les mineurs – El Tio, l’oncle. Il faut apporter des sacrifices réguliers à l’oncle pour assurer une protection efficace, mais les contributions sont beaucoup moins onéreuses que celles qu’il faudrait autrement payer à une compagnie d’assurance – quelques cigarettes, des bouteilles d’alcool à 96% et des feuilles de coca.

Comme vous pouvez voir, l’oncle a un gros membre qui témoigne de ses pouvoirs, décoré de feuilles de coca, et à ses pieds il convient de déposer des foetus de lama, disponibles à tous les coins de rue dans les grandes villes boliviennes pour diverses pratiques de magie noire.

L’alcool a 96%, les cigarettes et la coca sont ce qu’ont nous fait acheter pour compenser les mineurs pour l’inconvénient de notre présence (qui les importune considérablement). Un assortiment santé – surtout que l”alcool se boit pur…

des fois les chariots déraillent parce que les rails datent de 18xx

Amiante, Asbestos… il ne faut pas toucher. La majorité des mineurs sont atteints de maladies pulmonaires graves. Il y a d’autre chose à faire dans le pays, mais une certaine fierté et un sentiment de lotterie motive ces hommes…

nous ne sommes pas allés au coeur de la mine, ou les passages sont trop étroits, trop pentus, trop glissants et trop chauds pour nous les blancs, mais même ou on était on suait comme des porcs et les passages n’était pas des plus sécuritaires. Plus on avance vers le coeur de la mine, plus le dos se courbe, plus la tête frappe le plafond, plus il y a de ces confondants virages

attention, un autre chariot!

Les mineurs travaillent par équipe de quatre – chaque équipe se trouve un spot pour travailler, y creuse un trou, puis picole toute la journée (ou est ce la nuit?) au piolet et au marteau, comme dans le temps, en s’aidant (ou se tuant) parfois de la dynamite (facile à acheter pas cher dans tout bon dépanneur). Dans un de ces trous :

Traumatisés et épuisés, nous ressortons du trou noir après une heure de trotte dans les corridors pour reprendre notre bouffée d’air frais et revoir le soleil. Ici était notre premier contact photographique avec les cholitas, les femmes de classe moyenne qui ont gardé les habits traditionnels de l’époque coloniale. Plus la-dessus dans de prochains chapitres.

Exhaltés d’aller au marché!

Sigurd met en pratique son vert espagnol pour acheter des bananes tout seul. La madame est perplexe!

De l’autobus

Au marché de Sucre, on trouve des milliers de patates!!! woooow

on nous fait un smoothie pour 20 sous

et on observe la populasse prendre son lunch

chez les cuisinières dans la section des viandes!

bienvenue en Bolivie!

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