Melbourne : turbulences

Bon alors beaucoup à dire depuis la dernière fois.

Pour commencer. L’avocat très spécial qui nous avait loué le building à bureaux rempli de nos vingt colocataires titulaires de l’unique douche, n’avait pas payé son loyer au propriétaire et ne lui avait pas dit non plus qu’il louait l’endroit à plein de monde bizarre. Le propriétaire, voyant un beau jour plein de monde bizarre en train de fumer des clopes devant son building à bureaux, n’en croyait pas ses yeux et a pété sa coche en faisant la tornade sur les deux étages dans toutes nos chambres. Il virevoltait entre les pièces avec un autre monsieur en complet cravate et s’indignant devant la quantité d’effets personnels et les évidences de petite vie d’étudiant qui se passait ici, conditions inacceptables incluses. Et le spécial avocat de voler à notre rescousse pendant qu’on ramassait en vitesse nos affaires – une heure pour vider les lieux? Que nenni.

Une heure plus tard tout le monde était dehors, les bras pleins de plein de valises et certains les larmes aux yeux, c’était jeudi et c’était la fin de semaine de la Formule 1 à Melbourne. Au moins le gars qui nous a foutu dehors nous a gentiment trouvé une auberge de jeunesse (quoique russe, enfumée, petite et puante) et un vraiment bon deal pour deux nuits. Toujours pas mot de l’avocat après deux nuits dans cet établissement mais il était en train de se plaindre à la cour (au lieu d’être avec son peuple). Aujourd’hui, une semaine plus tard, l’argent nous a été rendu et au total deux jours entiers de notre vie ont été perdus à désespérement chercher un autre appart, ce qui heureusement fut fait. Nous habitons dans une maison propre et merveilleuse avec une piscine, la cuisine au gaz et une adorable chambre, et même si elle ferme pour entretien dans deux semaines la petite trêve confort est très bienvenue.

Mais la situation de jeudi passé en résumé était : pas d’emploi depuis trois semaines de recherches echevelées, quatre CVs en circulation, dans la rue, sans appart et c’est la fin de semaine de la F1. Le resto qui m’a presque embauchée m’a dit qu’ils ont pris quelqu’un d’autre dès que je suis arrivée à l’heure pour commencer ma première journée avec eux. L’argent fond à vue d’oeil. On est seuls au monde.

J’avais gardé mon calme et même mon grain de sel jusqu’à ce qu’un appart qu’on allait voir (et absolument prendre) a été donné à quelqu’un d’autre cinq minutes avant notre arrivée. Et on avait fait tellement de tram et de metro pour s’y rendre. Et on s’était perdus aussi, deux fois. Rendu là j’ai fait une bonne crise, après quoi j’ai mangé un gros BigMac en frissonnant (il pleuvait) et profité du wifi gratuit du McDo pour aller pêcher un peu de joie sur CouchSurfing. J’ai écrit à deux gars qui me semblaient capables de nous émerveiller et nous héberger jusqu’à ce qu’on soit domiciliés de nouveau.

Merveilleusement, le lendemain matin la réponse qu’on voulait nous attendait : Sam a dit oui.

Avant de poursuivre, petite entracte photo sur d’autres petites joies de Melbourne qui n’étaient pas incluses dans la dernière édition. Pour commencer, les trottoirs artistiques

I

 

Tango

 

un vraiment incroyable jeune joueur de didjeridou avec trop d’effets et un rythme dément

 

et des artistes de cirque complètement hallucinants, comme ce dresseur de chiens qui marchent sur deux pieds ou… deux mains aussi

Le bubble tea!

 

Le quartier Fitzroy, qui me rappelle tant le Plateau. Il ne manque que les escaliers en colimaçon.

 

 

et ses centaines d’endroits funky de socialisation. On est venus ici consoler nos deux français, copains de malheur, qui se sont en plus fait arnaquer deux jours plus tard par un affreux scam de location qui les a soulagé de 1300$ par voie de Western Union en plus. Les pauvres!

 

 

pluie et pizza

 

 

belle bière

 

 

en solitaire (mais avec un iPhone)

 

 

vue du plafond

 

 

Le café down under, comme j’ai dit plein de fois, est une indulgence suprême

 

 

Les fameux souliers suspendus – souvent vus à Melbourne mais aussi partout dans le monde – j’attends toujours que quelqu’un m’explique. Le mystère de ça me tue!

 

 

Puis, comme les festivals ne sont pas encore finis malgré l’automne bien entamé, nous avons très par hasard pu participer au record Guiness de la plus grande danse Bollywood au monde. Tout le monde (les mille trois cents) était complètement dedans!

 

Le gars des records a dit qu’il n’a jamais rien vu de pareil

 

Sigurd et moi nous y sommes mis à coeur joie en pensant affectueusement à Chantal et son beau Vidir??? ou quel est son nom, et à notre Couch Surfer indien d’il y a deux ans. Et au vidéo de Bollywood Dance qu’on a fait avec Calle en NZ. Bollywood Dance!

 

 

la la la la

 

 

dami dami na da didu dani dani

 

 

ici j’insère sans préavis aucun le photoshoot au balai (une branche) en plein coeur du centre-ville

 

 

 

 

 

 

et puis je communique ma joie d’un vrai marché

 

 

avec du vrai fromage – pas qu’on a les moyens mais ça fait du bien de juste même savoir que ça existe. Et regarder.

 

 

et les lignes de la ville, j’adore

 

 

il y a vraiment vraiment toutes sortes de monde, incluant des gars autrement très normaux qui prennent leur bière d’après midi accompagnés d’une élegante dame et d’un géant perroquet.

 

 

L’après midi sur le port

 

 

Mais nous parlions de Sam.

Mesdames et messieurs nous sommes tombés sur un poète complètement digne de ce nom. Il est fou, il est intense, intelligent, chaleureux, drôle, étrange, joyeux. Il faudra lui pardonner de me causer la panique de cuisiner pour un végétarien et j’ai construit pour lui un inidentifiable plat ou j’avais mélangé des patates avec des ingrédients verts et mis du sel.? Qu’il a arrosé d’huile de je sais pas quoi (wow! une explosion de saveur) et saupoudré de sel de mer d’Himalaya (???) et de poudre d’algues sèches (miam!). Un début un peu timide les premiers soirs mais hier nous l’avons amené en road trip sur la Great Ocean Road – l’affaire d’une journée entière et nous avons ri, conduit, parlé et dit n’importe quoi et écouté plein de musique et ensuite, rentrés à la maison, siroté un incroyable scotch et écouté de ses excellents poèmes et ses histoires sur les amis, les amours.

Ah et il y a tellement à fouiller ça me donne le vertige. C’est bien parce que j’ai décidé de partir de Melbourne maintenant qu’on rencontre des gens comme ça.

Donc voici ce qu’on a vu

 

 

 

Le melon d’eau fût finalement consommé ici et ensuite maltraité

 

 

Par là il y a une petite fille à mutiler

 

 

stop

 

 

duel de feinte blase

 

 

euh

 

 

c’est très joli

 

 

Sigurd reçoit les dons célèstes. Notez en arrière plan la Holden Commodore : Alex, ceci est notre réponse au Falcon! Upgrade gratuit d’une compacte à deux portes – c’est pas très économique une V6 3.6 mais heh, le pouvoir nous appelle!

 

 

on voit tout de suite un homme inspiré

 

 

et je vous présente mesdames et monsieurs

 

 

À bien y penser John tu pourrais aussi dire que c’est une excellente opportunité

 

 

et beau

 

 

beau

 

 

beau.

 

 

et nous sommes tous rentrés très contents et nous sommes quittés avec un très affectueux câlin.

et maintenant le scoop, ou deux. Hier j’ai finalement eu une job (à temps partiel) dans un genre de La Cordée, au centre ville, ou je peux faire un peu d’heures. Mais. Comme ce n’est pas idéal et que j’avais depuis assez longtemps une autre idée en tête, je vais y aller pour le plan B : apprendre à sérieusement faire du cheval et apprendre à vraiment en prendre soin. Comme ça qui sait, peut être un voyage equestre à travers l’Asie Centrale?

J’ai trouvé, par l’intermédiaire de WWOOFing (Willing Workers On Organic Farms), après avoir lu les 2500 annonces dans les 400 pages imprimées du catalogue, une douzaine d’entreprises équestres qui avaient du potentiel pour moi. Je veux une formation sérieuse et beaucoup de travail pour vraiment y croquer à pleines dents et apprendre le plus possible dans les quelques mois que j’ai. J’ai contacté un endroit en particulier qui a l’air vraiment intense et, après quelques échanges, nous avons établi mon arrivée prochaine. Le principe est un peu à la Monsieur Myagi – je passe dix heures par jour à laver, essuyer et faire des trucs de base et me faire former tranquillement mais sûrement, sans être payée mais logée nourrie, et ensuite je suis le Daniel San du cheval. Je prends l’avion pour Sydney le premier avril (pour faire drôle) pour ensuite passer trois mois à Windsor. Plus de détails viendront avec le temps, mais c’est effrayant et excitant à la fois. Et j’aime tellement Melbourne! et il y a tellement des amis à se faire ici! Mais je pense que mon plan B est un vraiment bon projet donc je vais essayer.

Sigurd va continuer de se chercher un emploi mais cette fois dans toute l’Australie. Et on se rejoint en juin!

Comme d’habitude, c’est à suivre!

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